Les équipements de protection individuelle (EPI) occupent une place essentielle dans la prévention des risques professionnels.
Leur choix, leur utilisation et leur entretien répondent à des exigences réglementaires destinées à préserver la santé et la sécurité des travailleurs.
Chez FRANCITAL ENVIRONNEMENT, spécialiste des vêtements de protection forestiers, nous sommes régulièrement interrogés sur les obligations applicables aux EPI, notamment dans les métiers du bûcheronnage, de l'élagage et des travaux forestiers.
Cette page a pour objectif de présenter les grands principes de la réglementation européenne et française, ainsi que leurs conséquences pratiques pour les employeurs et les utilisateurs.
Elle ne se substitue pas aux textes réglementaires, aux évaluations des risques professionnels ni aux notices d'utilisation des équipements.
Un équipement de protection individuelle est un dispositif ou moyen destiné à être porté ou tenu par une personne afin de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ou sa sécurité.
Référence : article R.4311-8 du Code du travail.
Les EPI peuvent notamment protéger contre les risques mécaniques, les coupures, les projections, le bruit, les chutes ou les conditions climatiques, selon leurs caractéristiques et leurs performances.
Le cadre réglementaire européen applicable à la conception et à la mise sur le marché des EPI est défini par le règlement (UE) 2016/425 du 9 mars 2016.
Ce règlement fixe notamment les exigences essentielles de santé et de sécurité auxquelles doivent satisfaire les équipements.
La prévention commence par l'identification et l'évaluation des risques liés à chaque situation de travail.
L'employeur doit rechercher en priorité les moyens permettant d'éviter les risques ou de les réduire, notamment par des mesures d'organisation du travail et des dispositifs de protection collective.
La protection collective doit toujours être privilégiée par rapport à la protection individuelle.
Lorsque les risques ne peuvent être évités ou suffisamment limités par ces mesures, le recours aux EPI devient nécessaire.
Les EPI constituent donc une protection complémentaire, adaptée aux risques résiduels auxquels les travailleurs restent exposés.
Leur efficacité dépend à la fois de leurs performances, de leur adéquation au risque, de leur bon ajustement et de leur utilisation conforme aux instructions du fabricant.
Le choix d'un EPI ne doit pas reposer uniquement sur son niveau de performance ou sur sa conformité à une norme.
Il convient notamment de prendre en compte :
La nature et la gravité des risques à prévenir.
La fréquence et la durée d'exposition.
Les conditions réelles de travail et l'environnement.
Les caractéristiques morphologiques de l'utilisateur.
Le confort, l'ergonomie et la liberté de mouvement.
La compatibilité avec les autres équipements portés simultanément.
Un EPI doit être approprié aux risques à prévenir, adapté à son utilisateur et compatible avec le travail à effectuer.
Un équipement trop contraignant, mal ajusté ou inadapté aux conditions d'utilisation peut compromettre la sécurité du porteur.
Lorsque cela est possible, une période d'essai en conditions réelles permet de vérifier l'adéquation de l'équipement aux besoins des utilisateurs.
En France, les travaux forestiers et sylvicoles font l'objet de dispositions spécifiques.
Le décret n° 2016-1678 du 5 décembre 2016 a notamment renforcé les règles d'hygiène et de sécurité applicables à ces chantiers.
Les dispositions correspondantes figurent dans le Code rural et de la pêche maritime, notamment aux articles R.717-83 et R.717-83-1.
Sur un chantier forestier ou sylvicole en activité, les intervenants doivent notamment disposer :
D'un casque de protection de la tête.
De chaussures ou de bottes de sécurité adaptées au terrain.
D'un vêtement ou accessoire de couleur vive permettant d'être vus des autres opérateurs.
Certaines situations particulières de travaux sylvicoles peuvent justifier une dispense du port du casque, dans les conditions prévues par la réglementation.
Les travailleurs utilisant une scie à chaîne doivent également être équipés de protections adaptées aux risques spécifiques de cette activité :
Un écran de protection ou des lunettes contre les projections.
Des protecteurs contre le bruit.
Des gants.
Un pantalon ou vêtement similaire destiné à prévenir les risques de coupure liés à la scie à chaîne utilisée.
Des chaussures ou bottes choisies pour prévenir les risques de coupure propres au matériel utilisé.
Ces équipements doivent être sélectionnés en fonction des risques identifiés et des conditions de travail.
Attention : le port d'un vêtement de protection contre les coupures de scie à chaîne ne dispense jamais du respect des consignes de sécurité et des bonnes pratiques d'utilisation des machines.
Pour aller plus loin, consultez également notre article EPI & chantier forestier.
L'employeur est responsable de l'évaluation des risques professionnels et de la mise en œuvre des mesures de prévention adaptées.
Lorsque des EPI sont nécessaires, il doit notamment :
Mettre gratuitement à disposition des équipements appropriés.
S'assurer de leur conformité et de leur adaptation aux risques.
Informer les salariés des risques contre lesquels les équipements les protègent.
Fournir les consignes d'utilisation et organiser les formations nécessaires.
Définir les conditions d'utilisation, d'entretien et de stockage.
Veiller au maintien en bon état des équipements et à leur remplacement lorsque cela est nécessaire.
Références : articles R.4321-4 et R.4323-91 à R.4323-106 du Code du travail.
Le salarié doit utiliser les EPI mis à sa disposition conformément aux instructions reçues et aux consignes de sécurité applicables.
Il doit également veiller à leur bonne utilisation et signaler les détériorations, anomalies ou défaillances constatées.
La protection repose sur une responsabilité partagée : l'employeur met en place les moyens nécessaires et le salarié respecte les conditions d'utilisation des équipements.
Le règlement (UE) 2016/425 distingue trois catégories d'EPI selon la nature et la gravité des risques contre lesquels ils sont destinés à protéger.
Cette catégorie concerne les équipements destinés à protéger contre les risques minimaux définis par le règlement.
Le fabricant peut procéder à une évaluation de conformité fondée sur le contrôle interne de la production.
Cette catégorie regroupe les EPI destinés à protéger contre les risques qui ne relèvent ni de la catégorie I ni de la catégorie III.
Leur mise sur le marché nécessite notamment un examen UE de type réalisé par un organisme notifié, ainsi qu'un contrôle interne de la production.
Cette catégorie concerne les risques susceptibles d'entraîner des conséquences très graves, telles que la mort ou des dommages irréversibles à la santé.
Elle comprend notamment les équipements destinés à protéger contre les coupures de scie à chaîne tenue à la main.
Ces EPI font l'objet d'exigences renforcées en matière d'évaluation de la conformité.
Les vêtements de protection contre les coupures de scie à chaîne tenue à la main relèvent de la catégorie III.
Leur certification comprend notamment :
Un examen UE de type réalisé par un organisme notifié.
Un contrôle de la conformité de la production selon l'une des procédures prévues par le règlement européen.
FRANCITAL ENVIRONNEMENT applique une procédure d'assurance qualité de la production sous la surveillance d'un organisme notifié, dans le cadre des exigences applicables aux EPI de catégorie III.
Cette démarche participe à la maîtrise de la conformité des équipements fabriqués.
Les normes techniques définissent des méthodes d'essai et des exigences permettant d'évaluer les performances des équipements.
Elles constituent des référentiels essentiels pour comparer les caractéristiques de protection des produits.
Les performances d'un EPI sont notamment précisées par son marquage et sa notice d'utilisation.
Pour les vêtements de protection contre les coupures de scie à chaîne, la série de normes EN ISO 11393 définit les exigences et méthodes d'essai applicables aux différentes familles d'équipements concernées.
Il convient toutefois de distinguer deux notions :
Le niveau de performance d'un EPI n'est pas équivalent au niveau de protection garanti dans toutes les situations de travail.
Les essais normalisés sont réalisés dans des conditions définies et reproductibles. Ils ne peuvent reproduire l'ensemble des situations susceptibles d'être rencontrées sur le terrain.
Aucun EPI ne garantit une protection absolue en toutes circonstances.
Le choix de l'équipement doit donc toujours s'accompagner d'une analyse des risques, de pratiques professionnelles adaptées et du respect des consignes de sécurité.
Pour mieux comprendre les exigences techniques, consultez notre page Les normes EPI.
Les équipements de protection individuelle sont soumis à des contraintes susceptibles d'altérer leurs performances : usure, frottements, salissures, humidité, déchirures, vieillissement des matériaux ou détériorations accidentelles.
Un EPI conforme lors de son achat peut devenir inadapté ou inefficace s'il est endommagé ou mal entretenu.
Avant chaque utilisation, il est recommandé de procéder à un contrôle visuel de l'état général de l'équipement, conformément aux instructions du fabricant.
Ce contrôle permet notamment d'identifier :
Les déchirures, coupures ou perforations.
Les coutures détériorées.
Les fermetures ou éléments de fixation défectueux.
Les signes d'usure excessive.
Les détériorations susceptibles d'affecter les performances de protection.
Pour les vêtements anticoupure de scie à chaîne, une attention particulière doit être portée à l'intégrité des zones de protection.
En cas de doute sur la capacité de l'équipement à assurer sa fonction protectrice, celui-ci doit être retiré du service dans l'attente d'une évaluation adaptée.
Les conditions de lavage, de séchage, de stockage et d'entretien doivent respecter les prescriptions du fabricant.
Des traitements inadaptés peuvent détériorer les matériaux ou compromettre les performances de protection.
Il est donc essentiel de consulter la notice d'utilisation propre à chaque équipement.
L'employeur doit veiller au maintien en état de conformité des EPI mis à disposition.
La nature et la fréquence des contrôles doivent être adaptées aux équipements, aux conditions d'utilisation et aux exigences réglementaires applicables.
Certains EPI font l'objet de vérifications générales périodiques obligatoires, dans les conditions prévues notamment par l'article R.4323-99 du Code du travail et les arrêtés correspondants.
Ces dispositions concernent des familles d'équipements précisément définies, notamment certains équipements de protection respiratoire, les gilets de sauvetage gonflables et les systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur.
Il ne faut donc pas confondre les vérifications générales périodiques réglementées pour certains EPI avec les contrôles et l'entretien nécessaires à l'ensemble des équipements.
Un équipement doit être remplacé lorsqu'il ne permet plus de garantir les performances de protection attendues, notamment en cas de détérioration, d'usure excessive ou lorsque les limites fixées par le fabricant sont atteintes.
La durée d'utilisation dépend de la nature de l'équipement, de son intensité d'utilisation, de son entretien et de ses conditions de stockage.
Pour approfondir ces questions, consultez nos pages Soin des EPI forestiers et Durée et fin de vie.
La prévention des risques commence par leur identification et leur évaluation.
Les mesures de protection collective doivent être privilégiées.
Les EPI doivent être adaptés aux risques, aux utilisateurs et aux conditions de travail.
Les équipements de protection contre les coupures de scie à chaîne tenue à la main relèvent de la catégorie III.
Les normes définissent des performances mesurées dans des conditions d'essai déterminées.
Les EPI doivent être utilisés, entretenus, vérifiés et remplacés conformément aux prescriptions applicables.
Aucun EPI ne peut garantir une protection absolue.
FRANCITAL ENVIRONNEMENT — L'expertise textile au service de votre protection.
Informations à caractère pédagogique. Pour toute application réglementaire, il convient de consulter les textes officiels en vigueur, les notices des fabricants et les dispositions propres à chaque activité professionnelle.